Deuxième jour. Ce matin, on part en groupe visiter Sienne. Cet après-midi, on descend dans le Val d'Orcia chez un vigneron de Brunello. Entre les deux : une bonne table.
Sienne
Cette ville se mérite. Il faut garer la voiture en bas, monter à pied dans la ville médiévale, se perdre un peu dans les ruelles avant de tomber sur la Piazza del Campo, cette place en coquille, en pente douce, qui est l'une des plus belles d'Italie. Mais c'est pas grave, les rues de Sienne sont déjà une introduction progressive dans la puissance évocatrice de la ville.
Et puis le Duomo. Marbres blanc et vert sombre, façade gothique chargée de sculptures, campanile à rayures. J'y suis déjà passé, mais ça reste un plaisir d'esthète renouvelé.
Devant le Duomo de Sienne, l'une des façades gothiques les plus chargées d'Italie.
Sienne, c'est aussi une ville qui se vit. Pas un musée à ciel ouvert, une ville vraie, avec ses quartiers, ses habitants, ses bars où les Siennois s'arrêtent prendre un café debout. En groupe, c'est encore mieux : on ne fait pas tous la même chose, on se retrouve, on compare.
L'osteria
Le déjeuner, c'est dans une osteria — une de ces adresses simples et sincères où la cuisine est toscane, gastronomique sans chichi. Pas de fioriture, pas de mise en scène. Enfin, presque : sur la serviette dressée, une farfalle crue posée là comme un clin d'œil. La maison a de l'humour.
La carte de visite de la maison : une farfalle crue sur la serviette.
Le Val d'Orcia et le Brunello
Après le déjeuner, on descend vers le Val d'Orcia. Le paysage change — les collines s'arrondissent, les cyprès apparaissent en allées droites, les couleurs sont plus chaudes. C'est le territoire du Brunello di Montalcino, l'un des grands vins rouges italiens, élevé en fût pendant des années avant de sortir en bouteille.
L'allée de cyprès du domaine — la Toscane telle qu'on l'imagine.
L'entrée du domaine donne le ton : murs de pierre, ail et citrouilles suspendus, paille et tonneaux. On sent ici une certaine opulence, mais le choix a été fait de ne pas trop l'afficher.
L'entrée du domaine : ail, citrouilles, automne toscan.
La visite commence par les caves. D'abord la boutique, avec ses rangées de bouteilles et ses dizaines de diplômes au mur — le genre d'endroit où on comprend qu'on est chez quelqu'un de sérieux. Puis les chais : de grands fûts de chêne alignés, le silence, l'odeur du bois et du vin qui dort.
Le vigneron explique, montre, compare. On est devant les fûts numéro 24 et 25 — 75 hectolitres chacun. Le Brunello passe ici plusieurs années avant même d'approcher la bouteille. C'est long. C'est ça aussi, le vin italien : de la patience.
Le vigneron devant ses fûts — le Brunello s'élève ici pendant des années.
La dégustation
La table de dégustation est prête : verres alignés, fiches techniques, bouteilles au centre. On s'assoit, on écoute, et on goûte. Plusieurs cuvées de Brunello, du plus jeune au plus élevé. Des vins puissants, tanniques, qui demandent du temps, dans le fût comme dans le verre.
On continue demain.